Mon rendez-vous en PMA

Mercredi nous avons (enfin !) pu voir THE PROFESSOR, spécialiste de la PMA dans notre ville.

En amont nos médecins (obstétricien et généticien) lui avaient fait un courrier pour lui expliquer notre « cas » et notre « souhait » (en fait pas d’autres choix) de passer par le don.

Je n’attendais pas de ce rendez-vous qu’il nous trouve une solution miracle ! Je m’étais renseignée sur le don… pardon, l’ACCUEIL d’embryons en France et je savais à peu près les réponses qu’il nous donnerait. Mais j’ai quand même été (osé-je dire « agréablement ») surprise de la franchise de sa réponse…

A la lecture du courrier de notre généticien, et du terme « accueil d’embryons », il a commencé par dire « Mais ça ne marche pas ça l’accueil d’embryons ! ». Je savais ce qu’il voulait dire et j’étais bien contente qu’il le dise franchement. De la part d’un spécialiste français de la PMA, ça m’a fait du bien qu’il le reconnaisse et qu’il ne cherche pas à mettre en avant la PMA en France. C’est d’ailleurs ce que je craignais en allant à ce rendez-vous, ce qui ne m’aurait pas aidée …

Pourquoi « ça ne marche pas l’accueil d’embryons en France? ». En France les embryons proviennent de couples qui se sont faits soigner pour des problèmes de fertilité et qui ont accepté de donner leurs embryons surnuméraires.

  • problème n°1 : ces couples sont souvent « âgés », c’est-à-dire plus de 35 ans (j’en ai 36, je me considère aussi comme « vieille » et donc moins fertile), ce qui limite le nombre et la qualité des embryons
  • problème n°2 : on peut penser que les couples donneurs ont eu ou plusieurs naissances avec leurs embryons : cela veut dire que ceux qui restent sont de moins bonne qualité
  • problème n°3 : la technique de congélation des embryons en France serait moins efficace que la technique de vitrification qu’on utilise ailleurs en Europe : à la décongélation, il y a plus de risques que les embryons meurent.

D’après lui la PMA en France c’est « pourri » (ce sont ses termes). On m’avait prévenue que c’était un personnage et j’ai eu la confirmation. J’apprécie sa franchise et ça ne m’a pas choqué. Etant donné notre situation, il nous a immédiatement conseillé de passer par l’étranger, en l’occurrence l’Espagne, pour faire un double don, technique très efficace avec un taux de réussite de 60% , taux qu’il nous a confirmé. « Forcément, les donneurs sont jeunes, les nanas ont 25 ans ! ». 😉

Pourquoi l’Espagne : d’après lui ils ont des dizaines d’années d’expérience et maîtrisent parfaitement les techniques. Il m’a cité 2 cliniques qui d’après lui sont performantes : Eugin et Ivi. J’ai lu pas mal de critiques sur Eugin sur les forums, « usine à bébés » que j’avais assez vite éliminée (cf mon dernier post). ça m’interpelle quand même car c’est le 2ème médecin qui me conseille cette clinique (le premier étant mon gynéco).

J’ai entendu parler en bien de l’autre clinique, Ivi, mais sans m’être vraiment renseignée. Il va falloir que je le fasse.

Je lui ai fait part de mes inquiétudes concernant ces cliniques. Il m’a répondu : « Vous savez, ces cliniques font plus de 6000 transferts par an. C’est bon signe. Même si vous n’avez pas le papier cadeau qui va avec (c’est-à-dire l’accompagnement) vous pouvez être certaine qu’ils maîtrisent la technique. »

Je lui ai également parlé des autres pays, notamment la République Tchèque et le Portugal (Ferticentro), et les autres cliniques espagnoles (Ginefiv, Procreatec). Il n’est pas favorable pour la République Tchèque qui je pense est victime de sa mauvaise réputation (ils ont pratiqué à un moment donné de multi-transferts d’embryons, ce qui était très dangereux pour la mère et les enfants). Il ne connaît pas les autres cliniques espagnoles que j’ai citées. Concernant le Portugal, il se méfie de leur manque d’expérience car ils sont assez nouveaux dans ce domaine.

Le Pr. a peut-être une vision radicale de la chose mais de mon point de vue, je pense que ça vaut le coup que je me renseigne à nouveau sur les cliniques Eugin et Ivi. Pour l’instant le seul point positif que j’y vois c’est qu’ils sont à Barcelone et que j’adore cette ville ! 🙂 Mon mari de son côté est bien tenté de suivre les conseils du chef qu’il a trouvé très pragmatique !

Mon mari et moi sommes en tout cas très contents de ce rendez-vous. Nous avons passé un cap.  Nous allons encore prendre le temps de réfléchir sur le choix de la clinique. On se donne jusqu’à la fin de l’année mais on va y arriver ! Je suis pleine d’espoir !

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Quelle clinique choisir ?

Ces derniers temps je me suis beaucoup documentée sur les cliniques de PMA, en m’orientant je dois bien l’avouer plutôt vers l’Espagne (une attirance personnelle pour ce pays…).

J’ai d’abord contacté personnellement les cliniques : Ginefiv, Eugin, Procreatec en Espagne, Ferticentro au Portugal, et l’UZ Brussel en Belgique. Je me suis arrêtée là pour l’instant. Ce que j’ai constaté c’est que l’Europe ne manque pas de cliniques de ce genre prêtes à nous aider ! Youpi !

A part la Belgique, toutes les autres cliniques ont été très réactives dans leurs réponses. J’ai rapidement éliminé Eugin. Pourquoi ? J’ai trouvé que leurs réponses manquaient de précision (par rapport aux questions très précises que j’ai posées) et surtout ils ne m’ont pas envoyé de devis en m’expliquant qu’il fallait que je m’inscrive sur leur site pour avoir accès à l’info… J’ai trouvé ça trop compliqué, j’ai renoncé. En plus j’avais lu quelques mauvaises critiques sur cette clinique sur les forums. Peut-être ai-je eu tort mais je dois faire un choix. Donc voilà.

En ce qui concerne la Belgique, ils m’ont répondu 2 semaines plus tard en me répondant simplement qu’ils ne proposaient pas le dons d’embryons aux couples étrangers. Allez, encore une de moins !

Restent donc Ginefiv, Procreatec et Ferticentro. J’avoue que j’ai du mal à les départager. J’ai reçu le conseil d’une personne qui a été en parcours PMA et qui est maman d’une petite fille : elle était très contente de la clinique Sanus en République tchèque, et m’a dit qu’un des critères importants était le fait que la clinique garantisse bien « 1 donneuse pour 1 receveuse ». J’ai vérifié ce critère auprès des 3 cliniques en short list et c’est bien le cas. Au niveau des seuils de réussite c’est également comparable, de même que sur les techniques médicales. En tout cas les 3 cliniques ont toujours répondu très précisément et très rapidement à mes demandes, même avec plusieurs allers et retours. Pour moi, c’est important. Au niveau des prix, il faut bien dire que ces cliniques sont assez chères : entre 5000 et 7000 € pour un traitement double don, même en passant par les assoc. Ginefiv reste la moins chère.

J’ai également contacté les associations : d’abord les cigognes de l’espoir, puis les enfants KDO, et Maïa (juste aujourd’hui). J’ai eu un échange très positif avec une bénévole des enfants KDO. Elle a eu une bonne expérience avec Ginefiv, l’une de leurs cliniques partenaires.

J’ai aussi regardé les sites web des cliniques tchèques qui font partie des partenaires des cigognes (Zlin, Sanus) : les informations sont claires et les prix sont disponibles. Mais je ne les ai pas contactées personnellement. Il est vrai que ces cliniques proposent des tarifs compétitifs / cliniques espagnoles mais je ne sais pas pourquoi j’ai toujours un à priori.

J’ai aussi questionné mon gynécologue. C’est un homme merveilleux, compréhensif que j’adore. Avec toute sa gentillesse, il a commencé par me dire qu’en France, les médecins « n’avaient pas le droit d’imaginer même penser pouvoir renseigner une patiente sur la PMA à l’étranger »… Le fameux décret… J’étais au courant, je ne me suis pas démontée, mais aussi il a m’a aussi annoncé que ce n’était pas grave, qu’il allait m’aider quand même car les « patientes ont le droit de savoir ce qui peut être fait pour elles à l’étranger dans la mesure où la France ne répond pas à toutes les demandes ». Je lui ai montré la liste des examens à faire transmis par Ginefiv : il est prêt à me les prescrire. Je n’en doutais pas car ces examens n’ont rien d’extraordinaire, mais bon, au moins c’est sûr.

Malheureusement mon gynéco n’est pas spécialiste de la PMA et n’est pas en mesure de me conseiller une clinique à l’étranger. Les échos qu’il a eu de ses patientes qui ont eu recours à une PMA à l’étranger sont que l’Espagne, et notamment Eugin (tiens donc !), ont bonne presse. Il m’a également fait part de sa mauvaise expérience lorsqu’il était encore interne : il avait vu débarquer aux urgences une femme à qui on avait implanté 5 embryons en République tchèque qui a failli mourir ! Pour lui les cliniques tchèques sont à éviter. Mais bon cette expérience doit dater de plus de 15 ans, si je compare à son âge actuel présumé. Et il s’agit d’une seule expérience. De plus, j’ai lu sur les sites des cliniques tchèques, comme partout d’ailleurs, qu’ils n’implantaient que 1 à 2 embryons maxi. Je pense que la PMA a bien évolué ces dernières années partout en Europe. Et donc je ne me fierai pas à ses impressions.

Donc retour à la case départ. Je dois faire un choix. Avec mon mari on va assister à une réunion d’info organisée par les enfants KDO en décembre pour rencontrer Ginefiv. On verra bien. Je vais également questionner le Pr S., spécialiste de la PMA à Lyon en novembre. Je doute qu’il me donne des tuyaux sur les cliniques étrangères, mais bon qui ne tente rien n’a rien.

Si vous avez des conseils à me donner sur les cliniques, sur les critères importants à regarder, ou une expérience positive à partager, n’hésitez surtout pas !